Entre renforcement et estime de soi

Article de Ginette Imboua
Conseillère en gestion organisationnelle
AGRECOL Afrique, Thiès, Sénégal

« Je m’appelle Amssatou Gueye Seye, je suis la gérante du restaurant biologique Tikaara, une unité économique appartenant au RÉFABEC (Réseau de femmes en agriculture biologique et commerce équitable). Le Tikaara propose à la population de la ville de Thiès des plats sénégalais confectionnés à base de légumes biologiques. Ça fait 10 ans que je travaille comme gérante mais ces dernières années, le travail était de plus en plus difficile et nous avions de moins en moins de revenus. Grâce à l’appui de SUCO au RÉFABEC par le partenariat SUCO/AGRECOL Afrique, j’ai pu bénéficier d’un programme de renforcement de capacités de six mois. Pendant ces six mois, j’ai été formée par une coopérante qui a renforcé mes compétences et celles de toute l’équipe de femmes qui travaille au Tikaara, et déjà nous voyons des résultats.

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Équipe du Tikaara ; crédit photo : Ginette Imboua

L’apparence physique du restaurant a été améliorée, mais au-delà de ça, nous avons amélioré notre service, nous avons développé des cartes de fidélité qui ont fidélisé notre clientèle et augmenté la consommation. Nous avons fait de la publicité pendant six mois et nous avons environ une quinzaine de nouveaux clients qui viennent manger au Tikaara tous les jours. Les clients sont très contents car nous sommes plus professionnels, et ça fait une publicité pour le bio.

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Amssatou Gueye Seye ; crédit photo : Ginette Imboua

J’ai aussi reçu une formation sur la gestion financière du restaurant (suivi des recettes et des dépenses). Je sais maintenant faire un compte d’exploitation. Je sais également faire le suivi de l’approvisionnement, je détermine les besoins mensuels en approvisionnement et chaque 15 jours, je fais le suivi. Cela a permis de réduire les dépenses du restaurant. Avant, nous avions de bonnes recettes mais les dépenses étaient élevées, alors nous n’avions presque pas de profit. Quand on n’a pas de profit, nos revenus sont faibles parce que les femmes qui travaillent au restaurant se partagent comme revenu 70 % du profit que fait le restaurant. Avec l’appui que j’ai eu depuis octobre 2014, en quatre mois, nous avons gagné comme revenu ce que nous gagnions en six mois. Cet argent va en plus contribuer à répondre aux besoins de nos familles. Je suis très contente parce que même si je n’ai pas étudié beaucoup d’années à l’école, j’ai beaucoup appris et maintenant je connais mieux mon travail et je sais que je peux apprendre encore plus. Je suis plus en confiance face aux difficultés du restaurant parce que je sais comment un restaurant doit fonctionner. Je suis très fière de moi. »