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Rebâtir après les Ouragans
L’expérience de Claude Latendresse,
coopérant SUCO en Haïti
À
l’automne de 2008, en l’espace d’un mois, quatre ouragans
destructeurs s’abattent sur Haïti. Pour un pays qui se classe parmi
les plus pauvres de la planète, c’est un lourd fardeau à supporter.
Mais une collaboration étroite entre les autorités locales et SUCO
(Solidarité, Union, Coopération) a permis à une commune de se
relever du désastre. L’histoire de Marigot illustre comment des
volontaires canadiens, travaillant avec des partenaires locaux,
peuvent faire toute la différence.
Claude Latendresse, un volontaire canadien, travaille en Haïti
depuis deux ans maintenant. Bien intégré dans son milieu – il parle
couramment le créole et sa propre maison a été inondée quatre fois
par les ouragans – il comprend très bien les besoins de la
population. Il travaille avec eux pour améliorer leur vie
quotidienne. Sa mission : identifier les villes, régions ou
communes où SUCO pourrait intervenir.
Dans le cadre de ce travail d’évaluation, M. Latendresse avait déjà
déterminé que la commune de Marigot, dans le sud-est du pays, avait
des élus locaux forts et faisait preuve d’un vouloir-vivre
collectif. Il a donc proposé à SUCO de classer Marigot comme zone
d’intervention privilégiée.
Arrivent les ouragans et les inondations subséquentes, qui
emportent 300 hectares de terres cultivables à Marigot et
détruisent en partie le système d’irrigation de la commune. Des
centaines de maisons sont détruites, et une dizaine d’habitants
perdent leur vie.
Le plus dramatique, pour les survivants, est la perte de leurs
jardins, et donc de leurs moyens de subsistance.
Connaissant déjà Marigot, M. Latendresse mène une enquête pour
évaluer l’ampleur du désastre et identifier les besoins les plus
criants. Il rédige un rapport sur le suivi à donner, rapport qui
est avalisé par le ministère de l’Agriculture d’Haïti et appuyé par
les élus locaux.
Le rapport est déposé auprès de l’ambassade du Canada en Haïti, qui
a à sa disposition des fonds d’urgence à allouer pour répondre au
désastre.
Le rapport a tout ce qu’il faut pour répondre aux critères de
l’ambassade : Il présente un projet précis – la reconstruction des
parties détruites du système d’irrigation – qui fait consensus au
niveau de la communauté et parmi les élus locaux, ainsi qu’auprès
du ministère haïtien de l’Agriculture. Le projet est appuyé par
SUCO, qui a réussi à développer un dialogue productif entre tous
les intervenants.
De plus, la proposition de projet insiste sur la transparence
financière. On ouvre un compte à la caisse populaire de Marigot, et
aucune transaction ne sera faite sans la signature de chaque
partenaire.
Le projet est donc approuvé rapidement, et les fonds sont
débloqués.
On embauche pour la reconstruction 660 paysans sinistrés de
Marigot, qui reçoivent un montant forfaitaire quotidien. Cet argent
leur permet de subvenir à leurs besoins durant la période de
reconstruction.
En l’espace d’un mois, les travaux de réparation sont complétés.
Selon M. Latendresse, c’est la présence sur le terrain de SUCO qui
a contribué largement au succès du projet en permettant une
intervention rapide.
Et la reconstruction du système d’irrigation, en plus de permettre
aux sinistrés de surmonter la crise en leur donnant un salaire au
moment même où ils avaient besoin d’argent, contribuera au
développement de la commune en permettant aux paysans de cultiver
leurs jardins et ainsi nourrir leurs familles.
Vous pouvez lire aussi le témoignage
de Claude Latendresse, et celui de d’autres volontaires canadiens,
sur le site de
Citoyens du Monde en Action.
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